On l’oublie parfois,.. selon le recensement agricole (RGA) 2020, près de 416 000 exploitations agricoles sont encore principalement organisées autour du travail familial. Et si travailler en famille consolide l’entreprise, ce mode d’organisation représente aussi une source, non négligeable, de fragilisation des relations entre membres de la famille. Lors du SIA 2026, nous avons abordé ce sujet avec Marie Gautier de La Plaine, productrice de pommes de terre dans l’Aisne et Emilie Marin-Fournier, viticultrice et maraîchère, près d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône). Femmes d’engagement, la première préside l’arrondissement de Saint Quentin pour l’Union des syndicats agricoles de l’Aisne (USAA) et celle que l’on connaît souvent plus sous le nom de Mélie, dirige le Concours Miss et Mister Agricole.
VD : Quels sont pour vous les trois points pour travailler en famille et que “cela tienne” ? !
Le collectif en couple demande un équilibre permanent : travailler avec son conjoint brouille parfois les frontières entre vie professionnelle et vie personnelle. Les intervenantes insistent sur la nécessité de « prendre soin » de la relation pour préserver à la fois l’entreprise et le couple.
La réussite repose sur la solidarité et l’absence de reproches : dans un métier soumis aux aléas (météo, normes, marchés), les décisions doivent être assumées collectivement, sans chercher un responsable en cas d’échec.
L’engagement extérieur est vécu comme une nécessité personnelle et professionnelle : syndicats, coopératives, concours ou responsabilités publiques donnent du sens et permettent aux agricultrices de se déployer, à condition que le conjoint soutienne cet investissement.

VD : Quel regard portez-vous sur l’avenir du secteur agricole ?
Si garantir le revenu des agriculteurs les préoccupent avant tout, nos deux invitées ont également conscience que le secteur agricole n’est pas perçu à sa juste valeur, depuis bien trop longtemps. Toutes les deux insistent donc sur la question de la visibilité : métier, secteur et celle des femmes, qui peinent encore trop souvent à trouver leur place. Elles soulignent l’importance de
- Mieux valoriser le métier agricole auprès du grand public
- Créer un récit positif
- Rendre plus visible les femmes
En conclusion :
Les clichés pèsent encore lourdement sur la perception du métier agricole. Or, la manière dont on travaille en agriculture aujourd’hui repose bien souvent sur de l‘intelligence collective dans des collectifs mixtes – familiaux, associés et salariés – qui obligent à repenser les représentations sociales figées et surtout les contributions individuelles à la performance globale. Ce renouveau organisationnel a un effet bénéfique : identifier et mettre en exergue l’efficience des femmes en agriculture, jusqu’ici grandement minorée, voire ignorée. Un sujet que nous avons à coeur de creuser et d’améliorer. A suivre….

